Partenaire de la Fédération de Recherche sur le Cerveau
J'ai eu de la chance. Je me couche avec le sourire et me réveille avec bonheur.
Octobre 2004. Je suis avec une amie et je lui lis un document. Là, plus de son, plus d'image. Mon amie me dit : « Tu es fatiguée, va te coucher, on en reparle demain. »
Novembre 2004, je perds connaissance et je me casse le nez.
Janvier 2005, l'ecchymose n'est pas résorbée, je me rends chez mon dermato. De façon surprenante je ressors avec une ordonnance pour un scanner cérébral . Sereine, je vais chercher les résultats quinze jours après. Et là ! sans passer par la case radiologue, je découvre, sur les clichés, qu'une balle de ping-pong apparaît sur mon cerveau. Assommée, je digère seule l'information sur le parking de l'hôpital.
Ensuite tout va très vite. Deux heures après, je vais aux Urgences de l'Hôpital Foch avec un médecin urgentiste qui appelle immédiatement le neurochirurgien.
Celui-ci trouve ma balle de ping-pong bien placée, bien ronde et très belle. «
Avec ça je vais faire des merveilles
» s'exclame-t-il. Et il a vraiment fait des merveilles ! Opérée en mars 2005, je découvre immédiatement qu'une zone de Broca peut être utile : l'élocution est difficile, la lecture et l'écriture impossibles. Après, commencent les réjouissances habituelles : radiothérapie et chimiothérapie.
Le plus mauvais souvenir de la radiothérapie, c'est mon visage après chaque séance : il avait l'air de rayons d'une ruche, gorgés de miel, la cortisone faisant gonfler le visage contre les mailles du masque . Je garde pourtant un très bon souvenir du groupe de patients du Docteur Sophie Taillibert à la Salpêtrière : nous arrivions en avance et restions à bavarder trois quarts d'heure après la fin des séances. Une vraie bande de potes ! Cancéreux donc solidaires ! Cette dynamique, ces amitiés éphémères étaient favorisées par la figure bienveillante du Docteur Taillibert.
J'ai eu la chance de bénéficier du Témodal de 2005 à 2008. Pas de malaises, pas de vomissements, mais une énorme fatigue. Sortir de la baignoire, impossible. Monter un étage autrement qu'à quatre pattes, inenvisageable. Le lit dans le séjour a résolu le problème : on fait ce qu'il faut.
Tous les trois mois, j'ai la chance d'avoir une consultation avec le Docteur Florence Laigle qui est très attentive. On visite ensemble mon cerveau, la progression des cicatrices, et on guette les améliorations de mon quotidien.
Après quatre ans d'orthophonie, je parle bien puisque je suis capable de tenir des discours en public, ce qui était la base de ma vie « avant ». La lecture à haute voix et l'écriture, c'est pas encore ça mais ça progresse.
J'étais déjà très attachée au Service Public, militant pour sa préservation et pour la Recherche. Aujourd'hui je vais bien, je suis heureuse et c'est grâce au Service Public qui traite ces maladies très onéreuses et pas rentables .
Nicole Frydman
17 Jan 2012
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