Les lymphomes primitifs du système nerveux central

Les lymphomes primitifs du système nerveux central

Isaias HERNANDEZ est doctorant en neuro-oncologie. Il travaille sur les lymphomes primitifs du système nerveux central. Cette maladie est particulièrement atypique car elle provient de tissus lymphatiques tels que les ganglions, la rate et le thymus, mais elle se développe dans le cerveau. Par analogie, on pourrait dire que c’est comme si on faisait pousser un troisième œil dans la paume de votre main, il n’a aucune raison d’être là, mais il y est.

Une pathologie mal connue

A ce jour, les options et l’efficacité de diagnostic et de traitement sont limités. Comme pour toutes les tumeurs, il faut collecter un grand nombre d’informations pour riposter. Il faut rechercher l'origine réelle de cette maladie : Est elle seule ou en groupe ?  A quelle vitesse se multiplie-t-elle ? Peut-elle se déplacer et affecter d’autres endroits dans le corps ? Quelles sont ses capacités?  Quelles sont ses faiblesses ?  Est-ce qu’on peut faire la distinction entre le tissu malade et la contrepartie normale ? Comment ?

Fort heureusement, les technologies récentes nous permettent d’extraire, de lire, de décoder et d’interpréter l'information contenue dans l’ADN et l’ARN. L’ADN est le matériel génétique qui compose tous les êtres vivants et dans lequel se trouvent les données pour fabriquer ce que nous sommes et dire à chacune de nos cellules ce qu’il faut faire et quand.

Ainsi, le but du travail d’Isaias Hernandez est d'éclaircir les secrets de cette maladie qu’est le lymphome cérébral et de trouver de meilleures procédures de diagnostic et des cibles de traitement. Il analyse les informations génétiques des cellules malades et compare ces informations aux données de l’ADN provenant de ses sœurs normales: les cellules cérébrales et les cellules lymphatiques. Pour le faire, il utilise des superordinateurs qui peuvent gérer des millions de données, outils nécessaires car chaque cellule contient jusqu'à 3 milliards de lettres dans son ADN.

En définitive, l'analyse de toutes ces informations nous permet d'en savoir plus sur l'origine du cancer, de détecter les modes de comportement et, surtout, de détecter des cibles pour améliorer le diagnostic et les traitements. Enfin, après avoir détecté des cibles thérapeutiques possibles, nous réaliserons des tests expérimentaux en utilisant des cellules cancéreuses et des modèles animaux pour corroborer sa faisabilité.