L’étude protéomique, une nouvelle perspective pour l’étude et le traitement des cancers

L’étude protéomique, une nouvelle perspective pour l’étude et le traitement des cancers

En vue de comprendre les mécanismes de cancérogénèse, de dépister de manière précoce les tumeurs et d’identifier de nouveaux traitements pour les éliminer, les approches dites « omiques » sont très généralement utilisées. Ces approches consistent à appréhender la complexité du vivant dans son ensemble et sont utiles pour mettre en évidence et identifier de nouveaux biomarqueurs dans l’étude de pathologies telles que le cancer. L’utilisation de techniques à haut débit permettent une analyse simultanée d’un grand nombre de variables qui comprennent principalement : la génomique (séquençage), la transcriptomique (expression des gènes et leur régulation), la protéomique (analyse des protéines), la métabolomique (étude des métabolites produits). Ces approches permettent d’obtenir de très nombreuses informations nécessaires à la caractérisation de cibles thérapeutiques.

Un intérêt primordial

La protéomique offre la possibilité d’explorer les réseaux de signalisation intracellulaires qui gouvernent le phénotype et plus généralement le comportement des cellules cancéreuses. Ce domaine d’activité, actuellement en plein essor, dont la sensibilité et la précision d’analyse ne cessent de s’améliorer, est d’un intérêt primordial pour l’analyse des mécanismes moléculaires impliqués dans le cancer.
Nous utilisons cette approche dans l’étude du rôle fonctionnelle de la protéine mutée PKCα dans les gliomes chordoides (voir l'article sur les gliomes chordoides du 24 octobre 2019). Cette protéine est impliquée dans la régulation de nombreuses voies de signalisation cellulaire qui constituent l’ensemble des voies de communication entre cellules. Cette messagerie aboutit au cheminement d’informations entre cellules et à l’intérieur des cellules qui induisent la mise en œuvre d’actions diverses, directes ou indirectes, impliquées essentiellement dans la reproduction et la différenciation, l’adhésion et la motilité, la survie et la mort.

Signalisation cellulaire

Grâce à de nombreux mécanismes génétiques ou épigénétiques, la cellule cancéreuse est capable de mettre à profit cette signalisation, de la détourner de ses fins, et de l’utiliser pour proliférer et survivre. En ce sens, on peut dire que le cancer est une maladie de la signalisation cellulaire. L’idée est de comparer des échantillons normaux et cancéreux pour définir des spécificités moléculaires propres à cette tumeur, tout d’abord en utilisant des techniques dites de « haut débit » (analyse de xx protéines) qui nous permettent d’obtenir de très nombreuses informations sur la réponse cellulaire que nous confirmons actuellement sur des cellules et dans des modèles murins de cancer.