Photo du jeune chercheur Cyril Brzenczek

Une thèse financée pour partie par l’ARTC NANCY-LORRAINE

Cyril Brzenczek est un jeune chercheur dont la thèse de doctorat dirigée par les Professeurs Jean-Marie Moureaux et Luc Taillandier du Centre de Recherche en Automatique de Nancy et co-encadrée par le Dr Sophie Mézières de l’Institut Elie Cartan de Lorraine. Elle a pour objet : « la modélisation multi-facteur pour la création d’un outil d’aide à la décision dans le cadre du traitement par chimiothérapie du gliome diffus de bas grade ». Cette thèse est financée pour partie par l'ARTC Nancy Lorraine. Cyril nous a apporté quelques précisions à propos de ses recherches.

Quelle est la nature de vos recherches sur le gliome diffus de bas grade ?

Le gliome diffus de bas grade (GDBG) est défini comme un gliome de grade II par l’Organisation Mondiale de la Santé, et représente moins de 20% de toutes les tumeurs cérébrales. Les traitements possibles pour le GDBG sont la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie. Ils ont pour but de maximiser l’espérance de vie du patient tout en maintenant ou en améliorant sa qualité de vie.

Malgré la présence d’une grande variabilité, les médianes de survie reportées dans les différentes études peuvent atteindre plus de 10 ans. Aujourd’hui on connaît l’effet bénéfique d’une chirurgie totale précoce et c’est le premier traitement qui sera proposé au patient, cependant en fonction de la taille et de la localisation du GDBG, elle n’est pas toujours possible.  Le moment où la radiothérapie est proposée, immédiatement après l’opération ou à la nouvelle progression tumorale ne semble pas influencer le pronostic. En revanche, elle expose à un risque d’altération des fonctions cognitives à long terme. En conséquence quand cela est possible, son utilisation est retardée pour réduire le risque d’impacter la qualité de vie des patients souvent jeunes et actifs.

L'espoir réside donc dans des découvertes en chimiothérapie ?

La chimiothérapie est un traitement qui est applicable à tous les patients atteints du GDBG, cependant on ne sait pas encore aujourd’hui quels sont les facteurs qui favorisent une réponse importante ou au contraire une absence de réponse au traitement. Le but de cette thèse est d’investiguer l’impact des caractéristiques propres au patient, comme par exemple son âge, ainsi que l’impact de celles qui sont en en relation directe avec la tumeur elle-même, comme ses altérations génétiques, qui favorisent la réduction du volume tumoral sous chimiothérapie. Ainsi, on connait bien l’effet favorable de la mutation IDH sur la durée de survie des patients atteints de gliomes, mais on ne sait cependant pas si la mutation a un impact, et quel type d’impact, sur la réponse à la chimiothérapie des GDBG.

 

Quel est l'intérêt thérapeutique ?

Nous utilisons donc des variables dont l’impact sur le pronostic est connu, mais également des variables originales, afin de construire un modèle de prédiction de la réponse à la chimiothérapie. Ainsi, les patients dont la réponse prévisionnelle est bonne pourront se voir proposer la chimiothérapie, et les patients pour lesquels on prévoit une non-réponse, pourront se voir proposer d’autres alternatives thérapeutiques plus bénéfiques.

La finalité du travail de thèse est de créer un arbre de décision pour le neuro-oncologue, basé sur les variables que nous aurons identifiées comme importantes, afin de guider le clinicien pour proposer la meilleure option thérapeutique et améliorer ainsi la prise en charge de tous les patients atteints d’un GDBG.