Alimentation : quelques conseils au quotidien

La maladie change la façon de s’alimenter. Voici quelques conseils pour faciliter le quotidien des patients en matière de nutrition.

 

1. En cas de  troubles de la déglutition

Les troubles de la déglutition peuvent être plus ou moins importants et induits soit par les effets secondaires de la maladie, soit par la fatigue et le manque de vigilance des patients. Ils peuvent se faire sur des aliments solides et/ou des  liquides.

C’est ce que l’on appelle des « fausses routes ».

1.1. Positionnement et environnement

Il faut installer les patients dans une position qui présente un risque moindre de fausses routes, c’est-à-dire le plus droit possible en position assise. En effet, les patients sont fatigués et peuvent naturellement adopter une position plus relâchée donc plus risquée. La tête et le cou doivent être stabilisés en légère flexion avant.

L’environnement doit être calme afin que les patients puissent se concentrer sur la prise des repas (éviter les sources de distraction telles que la télévision, radio). Le patient doit être bien conscient et concentré (décaler les heures de repas si nécessaire)

Lors de la prise des repas, donner des bouchées avec une petite cuillère et la présenter plutôt vers le bas afin que le patient n’ait pas à lever la tête et ouvrir le carrefour ORL qui augmenterait les risques.

Après le repas, éviter de manipuler le patient trop rapidement et ne pas l’allonger immédiatement.  

1.2. Adaptation des textures

1.2.1. Dans le cas de fausses routes aux solides

Il est préférable de proposer des aliments sous une forme adaptée en fonction du degré des fausses routes.

Il faut avoir une attention particulière sur certains aliments :

  • Ceux qui peuvent se disperser en bouche, il s’agit des aliments à grains comme le riz, la semoule, les petites pâtes, les maïs, les petits pois etc…pour les consommer sans risque ils peuvent être liés en sauce. Eviter les aliments qui s’émiettent comme les croissants ou le pain.
  • Les préparations à double texture pouvant être difficiles a gérer pour les patients, il s’agit des agrumes (pulpe d’un côté et jus de l’autre), les fruits à noyaux ou contenant des grains (cerises, raisins etc), les céréales dans du lait, les potages de légumes avec morceaux ou les bouillons vermicelles.
  • Les aliments pouvant être avalés de travers : bonbons et pastilles à sucer, les dragées, les cacahuètes etc…

1.2.2. Dans le cas des fausses routes aux liquides

Il est indispensable de garder un bon état d’hydratation et d’augmenter les apports hydriques en cas de diarrhées, de fièvres avec sudation ou de fortes chaleurs.

  • Il est recommandé de prendre des boissons très froides ou chaudes, gazeuses ou aromatisées, un changement de température, de saveur ou la présence de bulles peuvent stimuler le carrefour ORL et donc la déglutition.
  • L’eau plate à température ambiante est fortement déconseillée.

Il existe des épaississants pouvant être mis dans les boissons que l’on peut doser à sa convenance afin d’obtenir la texture souhaitée (Nutilis ® de chez Nutricia, Ticken up clear de chez Nestlé, Gel ’ami 300 de chez Nutrisens et Gélodiet de chez Délical) Certains existent en dosettes individuelles, pratiques pour les sorties.

  • Il faut éviter les aliments pouvant se liquéfier en bouche comme les glaces et sorbets.

Il existe des eaux gélifiées industrielles pouvant compléter l’hydratation si celle-ci n’est pas suffisante, plusieurs laboratoires en proposent (Nutricia / Nestlé)

  • Il est possible également de  faire des eaux gélifiées maison mais la texture n’est pas toujours stable, elles peuvent se liquéfier à température ambiante ou se désagréger en bouche.

Il est utile de disposer d’ustensiles adaptés comme les canards (verre bouché avec un bec verseur, disponible en pharmacie), des récipients adaptés, à large col, comme un bol ou une paille si le patient est capable d’aspirer.

Il existe aussi des fausses routes à retardement que peuvent diagnostiquer des orthophonistes, prévoir une consultation si besoin.

2. En cas de  nausées

Les nausées peuvent être la conséquence de certains traitements.

Même si le patient n’a pas sur un rythme de repas standard l’essentiel est de s’alimenter quand les nausées s’estompent.

Le principe des 3 repas n’est pas indispensable et l’alimentation peut être fractionnée. Pour les patients nauséeux et fatigués, toujours privilégier le plat principal en priorité, en effet si l’entrée est proposée au début du repas ils caleront devant le plat de résistance, qui est pourtant  plus intéressant sur le plan nutritionnel. Il faut  absolument éviter l’écœurement qui aura l’effet inverse de celui qui est recherché. Il ne faut pas que l’acte alimentaire devienne contraignant. 

Dans le cas de nausées privilégier les aliments tièdes ou froids pour atténuer les saveurs et odeurs fortes, éviter les aliments peut digestes, très gras ou très sucrés, à goût fort, les graisses cuites et fritures. Préférer les aliments à goût neutre, les fruits et légumes, féculents cuits à l’eau, les laitages, les glaces sans oublier les aliments riches en protéines (viandes blanches, volaille, œuf, jambon etc…)

La consommation des boissons gazeuses (ex : les eaux pétillantes aromatisées à la menthe ou au citron peuvent calmer les nausées)

3. En cas de diarrhée

Limiter la prise d’aliments riches en fibres type céréales et pain complet, les légumes secs les fruits et légumes crus ainsi que le lait sous forme de boisson.

Consommer avec modération les aliments riches en graisses type charcuteries, fritures, viande en sauce pouvant être responsable d’intolérance digestive.

Privilégier les aliments type féculents comme les pâtes blanches, le riz, les pommes de terre et le pain blanc et biscottes, les légumes pauvres en fibres et toujours cuits, les fruits cuits en compote ou au sirop, les fromages et laitages pauvres en lactose comme les fromages blancs et petits suisses. Ajouter la matière grasse crue sur les plats.

Penser à augmenter les boissons afin de combler les pertes hydriques et éviter la déshydratation.

A la reprise d’un transit correct, réintroduire progressivement et selon tolérance  les aliments supprimés.

4. En cas de constipation

Augmenter la part de fibres dans l’alimentation par consommation de fruits et de légumes crus et cuits, les céréales et pain complet, penser aux légumes secs et aux fruits secs (pruneaux, figues, abricots etc).

Il existe également des compléments riches en fibres vendus en pharmacie et parapharmacie pouvant compléter les mesures diététiques si celles-ci n’étaient pas suffisantes.

L’hydratation est également importante, augmenter pendant et en dehors des repas, la consommation de boissons (eau, infusions, bouillons, potages etc)

5. En cas de prise de corticoïdes

Une adaptation de l’alimentation peut être nécessaire en cas de prise de corticoïdes, afin d’éviter certains effets secondaires, celle-ci sera en fonction des doses prescrites par votre médecin. Généralement il faudra limiter les apports en sel et en sucre et augmenter les apports en calcium et en protéines.

5.1. Apports en sel

Les corticoïdes peuvent avoir un impact sur la rétention d’eau, pour limiter les risques d’œdèmes et pour équilibrer votre tension artérielle, il est donc nécessaire d’éviter le sel en excès.

La mise en place d’un régime sans sel se justifie en cas de doses de 30 à 40 mg de corticoïdes par jour ou moins si pathologie associée nécessitant un régime sans sel (avis médical indispensable)

Principe du régime ; il ne faudra pas saler pendant la cuisson et ne pas ajouter de sel à table.

Il faudra éviter :

– les produits de salaison comme la charcuterie et le jambon,

– le fromage, le beurre salé et demi sel,

– les viandes et les poissons en conserve, fumés, panés ou séchés,

– les coquillages et les crustacés cuisinés du commerce et les œufs de poisson,

– le pain, les biscottes, la viennoiserie et certaines céréales de petit déjeuner,

– les plats cuisinés, les conserves de légumes verts et légumes secs,

– les biscuits apéritifs, les chips et les mélanges de fruits oléagineux salés pour apéritif,

– tous les aides culinaires type bouillon cube, fond de sauce, moutarde et cornichons,

-certaines eaux pétillantes dont la teneur en sodium est > à 50mg de Na+ / litre. Faire attention aux comprimés effervescents (les eaux pétillantes pauvres en sodium sont Perrier, Salvetat et Vitelloise)

Penser à utiliser les épices et aromates afin d’agrémenter vos préparations et de leur donner du goût.

Quelques équivalences alimentaires pour un apport d’1g de sel

  • 40 g de camembert,
  • 25 g de roquefort,
  • 40 g de charcuterie,
  • 60 g de jambon cuit,
  • 30 g de jambon cru,
  • 60 g de pain (1/4 de baguette),
  • 40 g de  saumon fumé,
  • 50 g de foie gras,
  • 75 g de thon en conserve,
  • 3 sardines à l’huile,
  • 200 g de légumes en conserve,
  • 30 g de chips (un petit paquet individuel),
  • 1 cuillère à soupe de moutarde ou de ketchup,
  • 6 à 8 olives,
  • 4 à 5 cornichons,
  • 3 bâtonnets de surimi,
  • 1 viennoiserie,
  • 1 merguez ou 1 chipolata.

Pour décrypter les étiquetages nutritionnels :

Dans le commerce les aliments contenant pas ou peu de sel se présentent sous les dénominations suivantes :

« à teneur réduite en sodium »

« Sans sel »

« Sans sel ajouté »

Pour votre information 400mg de sodium est équivalent à 1 g de sel.

Vous trouverez une large gamme des produits et plats sans sel à commander sur certains sites internet comme :

Vous trouverez des produits sans sel au rayon diététique des grandes surfaces, ainsi que dans les boutiques diététiques comme la Vie Claire, Naturalia, etc…

MARQUES

NOMS DES PRODUITS

LIEU DE VENTE

Dr. RITTER

(anciennement : PLENIDAY)

40, av. du Chanoine Cartelier

69 654 ST GENIS LAVAL

CEDEX

04 78 86 47 81

Moutarde et Moutarde à l’ancienne

Ketchup

Cornichons

Petits oignons

Sels diététiques (sans sodium)

Mayonnaise

Coulis de tomate

Sauce bolognaise

Sauce salade olive et citron

Bouillon aux légumes

Potages : tomate, champignons, poireaux, légumes…

Chips sans sel

Biscuits : petits beurres, biscuits aux pépites de cerises et d’abricots

Conserves de légumes : haricots verts, choucroute, lentilles, flageolets, maïs

Conserves de poissons : thon au naturel, à l’huile, saumon, maquereau, sardine

Plats cuisinés tout prêts : quenelles, raviolis, poissons, volailles, bourguignon, lasagnes

Charcuteries : roulade de jambon, terrine campagnarde, confit de foie de volaille, terrine de lièvre

Magasins spécialisés

FAVRICHON et PRO-SAIN

Les domaines de la Nature

83, boulevard du Montparnasse

75 006 PARIS

01 53 63 01 10

Sauce tomate

Sardines à l’huile (55g)

Conserves de légumes : petits pois, haricots verts, macédoine de légumes

Magasins spécialisés

LUNOR

Rue du Général de Gaulle

Boite 26

76 810 LUNERAY

02 35 85 01 01

Carottes en lamelles cuites sous vide

Betteraves cuites sous vide

Grandes surfaces

LE GOURMET FREZIEN

12, rue des Rochettes

42 100 ST ETIENNE

Légumes cuits

Grandes surfaces

AUGA PICARD S.A.

B.P. 209

36 004 CHATEAUROUX

Tartines grillées sans sel (rayon biscottes…) :

La Tartine riz complet sans sel

Les Grilletines sans sel

Grandes surfaces

BORNIBUS

Martignon International

17, quai Georges Clémenceau

78 380 BOUGIVAL

01 30 78 05 05

Moutarde

Moutarde à l’ancienne

Cornichons pasteurisés au vinaigre

Oignons blancs pasteurisés

Tomato Ketchup

Magasins spécialisés

BAHLSEN

7, rue du Lt. Colonel Driant

92 500 RUEIL MALMAISON

(Service consommateurs)

Mélanges d’apéritifs non salés :

Apéritifs fruits rouges : raisins, ananas, amandes, noisettes

Apéritifs verts : raisins, ananas, papayes, bananes et noix de coco

Impec : raisins noisettes, amandes et noix de cajou

Grandes surfaces

DUCROS

Mc Cormick France SA

315 rue Marcel Demonque

84917 Avignon cedex 9

Mélanges d’aromates :

Cuisinez tout : espagnole, mexicaine, italienne, créole, indienne

Mélanges spéciaux : grillades, riz, salade, tomate

Bouquets garnis en sachet : pot au feu et viandes, légumes et potages, poissons et crustacés

Bouquets garnis en pochon : viandes et poissons

Citron Malin : concentré de citron

Grandes surfaces

PICARD

Rue des Palices

77 140 NEMOURS

0 810 13 12 11

(service consommateurs)

Produits surgelés :

Condiments : oignons émincés, petits oignons entiers…

Herbes aromatiques : persil, basilic, estragon, aneth, coriandre…

Brunoise et Julienne de légumes

Court bouillon Darégal

Potages gammes Mieux-être : crécy, cresson, tomate-basilic, légumes

Légumes nature : champignons, tomates pelées…

Poêlée de légumes : le sachet d’aromates contient du sel

Purées de légumes gamme NATURE

Légumes cuits vapeur sans sel : haricots verts, chou-fleur, brocoli

Petit pain sans sel

Magasins PICARD

  

5.2. Apports en sucre (glucides)

La prise de corticoïdes peut augmenter  les risques de diabète cortico induit et de prise du poids

Il est nécessaire de limiter la consommation de :

– produits sucrés (bonbons, chocolat, boissons sucrées),

– ajout de sucre dans les laitages et les boissons chaudes,

– les pâtisseries, viennoiseries et biscuits secs,

– les céréales,

– boissons sucrées (jus de fruits / sodas / sirop),

– confiture et miel.

Un dessert sucré en fin de repas en cas d’invitation ou de repas au restaurant est toujours possible.

Se méfier des produits « sans sucre » ou « light ».

Les corticoïdes peuvent augmenter votre appétit, penser que les féculents, le pain et les fruits sont également des sources de glucides importantes, il faudra dons faire attention aux quantités consommées.

Généralement il est conseillé de :

  • se limiter à 2 voire 3 fruits par jour maximum,
  • alterner les légumes et les féculents entre midi et soir,
  • limiter la consommation de pain si vous consommer des féculents (limitation des apports en glucides et en sodium).

Pour information :

  • Une portion de fruit ou une compote individuelle apporte l’équivalent de 4 carrés de sucre,
  • ¼ de baguette ou ½ assiette de féculents apportent 6 carrés de sucre.

Liste des féculents :

  • pates,
  • riz,
  • semoule,
  • boulghour,
  • pomme de terre,
  • patate douce,
  • quinoa,
  • lentilles,
  • ébly,
  • haricots blancs,
  • haricots rouges,
  • haricots noirs,
  • fèves,
  • pois chiche.

5.3 Apports en protéines

La prise de corticoïdes peut avoir une incidence sur la masse musculaire, ainsi pour la préserver un bon état musculaire

Il est conseillé de consommer aux 2 repas principaux :

– 1 portion de 100 à 120 g de viande (porc, veau, bœuf etc),

– 1 portion de 120 à 150 g de poisson,

– 2 œufs.

Pour information, les corticoïdes ouvrent l’appétit, une consommation de protéines midi et soir aura un effet positif sur votre satiété et permettra de lutter contre les fringales entre les repas et donc les grignotages responsables d’une prise de poids.

5.4. Apports en calcium 

Les risques d’ostéoporose sont plus importants avec les corticoïdes, il faudra augmenter les apports en calcium par la consommation de laitages (3 à 4 portions par jour) pas sucrés et peu gras pour éviter la prise de poids.

Limiter le fromage (une portion par jour maxi car riche en sel).

Les produits laitiers participeront également aux apports en protéines.

Si vous avez  du mal à consommer des produits laitiers, les apports en calcium peuvent être complétés par la consommation d’eaux riches en calcium (Contrex, Courmayeur, Hépar, St Antonin, Salvetat, eau du robinet mais sans adoucisseur)

6. Compléments nutritionnels

Les compléments nutritionnels peuvent être prescrits en cas d’apports énergétiques et/ou protidiques insuffisants.

Ils doivent être pris en dehors des repas, mais pas avant pour ne pas se substituer au repas mais bien  rester un complément énergétique.

Il en existe sous forme salée ou sucrée, sous forme de liquides ou de crèmes, avec ou sans lactose et sans gluten.

Pour information : les compléments nutritionnels prescrits sur ordonnance sont remboursés par la sécurité sociale pour perte de poids et/ou dénutrition dans le cadre de votre pathologie.

7. Régime cétogène

Des informations circulent sur les bienfaits du régime cétogène dans le cadre des tumeurs cérébrales.

A ce jour, l’efficacité de ce régime dans l’amélioration de votre pathologie n’a pas été démontré scientifiquement. Il peut même avoir des effets secondaires néfastes comme une accélération d’une dénutrition, délétère dans le cadre de votre pathologie.

Discuter avec votre neurologue et /ou un diététicien si vous avez l’intention de vous orienter vers ce mode d’alimentation, des explications vous seront fournies sur les contraintes et effets de ce régime.