Depuis la fin de l’année 2019, notre vie quotidienne est perturbée par une pandémie mondiale en rapport avec l’émergence d’un nouveau coronavirus, le SARS COV-2. Depuis son apparition à Wuhan, en Chine, jusque maintenant (Février 2021), plus de 100 millions de personnes ont été contaminées (chiffre probablement très sous-estimé car seules les personnes testées positives par PCR sont identifiées).

Qu’est-ce que la COVID-19 ?

Ce virus est responsable d’une maladie appelée COVID-19. La COVID-19 est très contagieuse et peut se transmettre de personne à personne, sans ressentir les symptômes de la maladie. Lorsque des symptômes sont présents, ceux-ci sont d’intensité très diverse allant d’un syndrome pseudo-grippal (fièvre, courbatures, toux, nez qui coule, perte du gout et de l’odorat,..) d’intensité variable jusqu’à des troubles respiratoires très sévères pouvant nécessiter une prise en charge en réanimation ou être responsable du décès du patient. Ainsi, la COVID-19 a déjà causé plus de 2 millions de décès dont 80 000 cas en France  depuis son apparition.

Qui sont les personnes à risque de forme grave de la COVID-19 ?

Dans un avis du 29 octobre 2020, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a défini les situations qui exposent à un risque élevé de forme grave de Covid-19 : notamment être âgé de 65 ans ou plus, souffrir d’obésité, de troubles psychiatriques, être atteint de certaines maladies chroniques (diabète non équilibré ou compliqué, maladies cardiovasculaires, respiratoires, insuffisance rénale chronique dialysée, cancer, cirrhose, immunodéficience, etc.).

Une large étude rétrospective (1), menée en France entre Mars et Juin 2020 auprès des services prenant en charge des patients avec cancer, révèle que 33% des patients suivis dans ces services et ayant présenté la COVID-19, ont eu une forme grave de la maladie et que 29% en sont décédés. Ces données sont sans doute surestimées car tous les patients atteints de cancer n’ont pas été testés et beaucoup de patients ont possiblement présenté des formes asymptomatiques. Il reste néanmoins qu’il existe un risque accru de présenter des complications sévères de la COVID dans cette population fragile. Au-delà des conséquences directes (infection pulmonaire, détresse respiratoire, défaillance d’autres organes, décès) que cette infection pourrait avoir sur votre état de santé, la COVID-19 est responsable d’un retard au diagnostic et à la prise en charge thérapeutique des patients souffrant de cancers. Une autre étude française menée à Reims et à Colmar a révélé que les diagnostics de cancers avaient diminué de 39 % et les traitements chirurgicaux avaient diminué de 30 % entre le premier trimestre 2019 et 2020 (2). Une étude de modélisation britannique a estimé que le retard de prise en charge des patients atteints de cancer allait être responsable de plusieurs centaines de décès supplémentaires (3).

Quel est le traitement de la COVID-19 ?

Il n’existe pas, à l’heure actuelle, de traitement permettant de contrôler l’ensemble des symptômes de la COVID-19. Le moyen le plus efficace de lutter contre cette maladie est donc d’en prévenir son apparition. C’est pourquoi, depuis le début de cette épidémie, la mesure principale préconisée est celle dite des mesures barrières : distanciation physique, lavage régulier des mains, port d’un masque. Mais depuis quelques semaines, nous disposons d’un autre traitement de prévention très efficace contre les formes sévères : la vaccination contre la COVID-19.

Qu’est-ce que la vaccination contre la COVID-19 ?

La vaccination est un moyen de prévention efficace pour lutter contre de nombreuses maladies infectieuses.  La vaccination consiste à introduire dans l’organisme un agent infectieux tué ou modifié pour être inoffensif ou encore une partie de cet agent infectieux. Le système immunitaire va reconnaître qu’il s’agit d’une substance étrangère contre laquelle il faut se défendre. Il va produire des anticorps spécifiques capable de l’éliminer. En cas de contact avec une version “active” de l’agent infectieux, la production des mêmes anticorps sera mise en route beaucoup plus rapidement que s’il s’agissait d’une première rencontre : le système immunitaire sera ainsi en mesure de se débarrasser de l’agent infectieux avant que celui-ci puisse envahir l’organisme, et à défaut de réduire le risque de complications sévères.

Plusieurs vaccins contre la COVID-19 sont en cours de développement mais 3 ont obtenus une autorisation de Mise sur Le Marché sur le territoire français à la date du 09 février 2021.

 

Laboratoire fabricant Type de vaccin Nombre de doses Efficacité estimée*
Pfizer-BioNtech ARN 2 95%
Moderna ARN 2 95%
Oxford-Astra Zeneca Vecteur viral 2 62-90%

*selon les résultats préliminaires des études de phase 3

Quels sont les risques de la vaccination contre la COVID-19 ?

Dans les essais, aucun effet secondaire nouveau ou grave n’a été identifié. Les effets indésirables observés étaient locaux (rougeur, douleur au point d’injection) ou généraux (malaise, fièvre). Les rares cas sévères observés concernaient des patients qui avaient un terrain allergique en particulier à certains composants du vaccin.

Ces effets étaient plus fréquents avec le vaccin qu’avec le placebo mais étaient comparables avec ceux observés avec des vaccins plus anciens.

Dois-je me faire vacciner contre la COVID-19 ?

Gratuite et non obligatoire, la vaccination se met progressivement en place sur le territoire. Depuis le 18 janvier 2021, les patients avec hémopathie maligne et/ou de cancer sous chimiothérapie ou récemment traités sont considérés comme public prioritaire, quel que soit leur âge.

L’ensemble des professionnels de santé impliqués dans la prise en charge des cancers recommande la vaccination. Si vous avez encore des interrogations, parlez-en avec votre médecin référent. Il saura répondre à toutes vos questions.

Comment prendre rendez-vous pour la vaccination contre la COVID-19 ?

Vous pouvez prendre rendez-vous pour vos deux injections :

  • en ligne sur  https://www.santé.fr dans le centre de votre choix ;
  • depuis l'application TousAntiCovid qui propose un accès direct à Santé.fr ;
  • par téléphone, en appelant : soit le numéro vert 0800 009 110 ouvert 7 jours sur 7 de 6h à 22h qui vous oriente directement vers les plateformes téléphoniques du centre de vaccination choisi ; soit le centre de vaccination près de chez vous dont vous aurez trouvé les coordonnées téléphoniques sur le site Santé.fr qui propose une liste complète des centres ouverts dans chaque département.
  • Dans le centre de suivi de votre tumeur, si celui-ci a mis en place un centre de vaccination.

Couplé aux mesures barrières (à maintenir), le vaccin contribue à maitriser cette épidémie sur le long terme. Pour les patients sous chimiothérapie, il n’y a pas de contre indication, le moment le plus adéquat pour réaliser la vaccination par rapport à la délivrance du traitement pourra être discuté avec le médecin référent.
Cette note d’information sera amenée à être actualisée en fonction des progrès de la recherche.

Dr Caroline DEHAIS

 

Pour en savoir plus :

https://vaccination-info-service.fr/

https://www.santepubliquefrance.fr/dossiers/coronavirus-covid-19

 


Références :

  1. Lièvre A, et al. “Risk factors for Coronavirus Disease 2019 (COVID-19) severity and mortality among solid cancer patients and impact of the disease on anticancer treatment: A French nationwide cohort study (GCO-002 CACOVID-19).” European journal of cancer 141 (2020): 62-81.
  2. Brugel M, et al. Dramatic Changes in Oncology Care Pathways During the COVID-19 Pandemic: The French ONCOCARE-COV Study. 2020 Oct 28.
  3. Maringe C, et al. The impact of the COVID-19 pandemic on cancer deaths due to delays in diagnosis in England, UK: a national, population-based, modelling study. Lancet Oncol. 2020 Aug;21(8):1023-1034.