Le département des Pyrénées-Atlantiques a été relativement épargné par l’épidémie de Covid-19. Mais les précautions ont été scrupuleusement respectées, comme l’explique Mme Angélique Bailacq, cadre de santé à la Polyclinique de Navarre, à Pau.

 

Comment avez-vous vécu cette période au sein de votre service ?

Dans le Sud Ouest, nous avons été préservés, mais les unités de soins intensifs de neuro-chirurgie ont été dédiées à la post-réanimation de l’hôpital. Nous prenions en charge les patients extubés de l’hôpital, qui venaient du service de réanimation. Nous avons également accueilli des patients venus de l’Est de la France quand les services locaux de réanimation ont été débordés. Ces malades venaient de Nancy, de Mulhouse, mais aussi de la région puisque nous avons eusept patients Covid-19. Depuis la fin avril, nous n’avons plus de patients covid, et l’unité de soins intensifs est redevenue l’unité de neurochirurgie.

 

La situation a-t-elle eu un impact sur le fonctionnement du service ?

En ce qui concerne le traitement des patients atteints de tumeur cérébrale, rien n’a changé. Les opérations de chirurgie nécessaires étaient effectuées en soins continus, la surveillance était la même et les chirurgiens ont continué à opérer.

 

Comment s’est organisée votre unité covid ?

Avant d’ouvrir cette unité, les anesthésistes avaient organisé des formations portant sur les précautions à prendre et nous avons augmenté l’effectif aux soins intensifs (il faut deux aides-soignants et une infirmière pour un patient covid), afin éviter les fautes d’hygiène ou d’asepsie. Le personnel qui a travaillé dans cette unité de soins covid était formé et l’effectif avait été augmenté. L’équipe n’a à aucun moment manqué d’équipement. Mais bien sûr, nous n’avons pas été impactés comme dans l’Est ou l’Île-de-France.

 

Cette réorganisation a-t-elle affecté les proches des patients du service ?

Les patients atteints de tumeur sont traités normalement, les précautions sont efficaces, la prise en charge n’est pas du tout affectée par l’épidémie. Il y a une inquiétude parce que les visites sont interdites dans l’établissement, mais nous avons pu utiliser des tablettes afin que le lien avec les familles et les proches ne soit pas rompu, du fait de l’impossibilité des visites et de la distance. Il est indispensable de pouvoir échanger avec les familles, ces dernières appellent tous les jours. Même si l’inquiétude est générale, nous sommes une région privilégiée, à tel point qu’à l’heure actuelle, nous pouvons autoriser une visite si nous constatons une dégradation de l’état d’un patient.

 

Avez-vous pu bénéficier de l’expérience d’autres régions ?

Oui. Cinq médecins anesthésistes, trois infirmières anesthésistes et trois infirmières de salle de réveil ont séjourné à Mulhouse entre dix et vingt jours et ont pu nous faire un retour d’expérience, notamment en ce qui concerne les règles d’hygiène. Même si nous n’avons pas ici de patients intubés et ventilés-ils sont à l’hôpital- nous avons pris des précautions particulières : il n’y a pas de patients en chambre double, les patients souffrant de tumeur cérébrale sont installés dans des chambres individuelles.