Témoignage d'une patiente.

Au CHRU de Nancy, grâce à la mise en place d’une collaboration privé-public, pas de reports dans la prise en charge et le suivi des patients.

Forcément, le Covid-19 effraie. Surtout lorsque nous sommes sous traitement et que nous vivons dans la région Grand Est. Plus particulièrement lorsqu’on évoque les corticoïdes. Sous cortisone depuis février (la faute à un œdème cérébral causé par la radiothérapie Cyberknife), j’ai malheureusement développé des symptômes de ce terrible virus qui touche le monde entier. Dans mon cas, rien de bien alarmant hormis une toux persistante, des maux de gorge et un peu de fièvre pendant trois jours, symptômes qui ont démarré vers le 11 mars.

Par précaution, j’ai tout de même stoppé les corticoïdes sur les conseils du professeur Taillandier du CHRU de Nancy. Voilà ce qui m’a sans doute le plus angoissée, sachant qu’une IRM précoce était prévue le 26 mars. Pourrais-je vraiment faire mon examen ? Cet arrêt allait-il engendrer des effets sur l'oedème ? Par acquit de conscience, je décide de contacter l’établissement privé Claude-Bernard de Metz afin de m’assurer que le rendez-vous est maintenu. Par « chance », mon cas est considéré « urgent », donc pas d’inquiétudes à avoir, IRM il y aura.

Mais allait on m’accepter, sachant que j’étais peut-être atteinte par le coronavirus ? Quinze jours sont passés, pas de problème. Le jour J, le centre hospitalier est calme. Étrangement calme. En passant la porte d’entrée, pas question de se rendre directement en salle d’attente. Nom, prénom, heure du rendez-vous sont demandés. Prise de température également. C’est bon, je passe la première étape.

Me voilà dans une pièce complètement vide. Personne sur les chaises. J’étais seule au monde avec les secrétaires médicales. Les manipulateurs décident de ne prendre aucun risque. « Nous allons procéder à un scanner des poumons pour être sûrs que vous ne soyez plus contagieuse. » C’est que, désinfecter une IRM, vive la galère ! Je passe la deuxième étape sans problème. Mes poumons sont parfaitement sains.

Après ce petit périple qui m’a fait oublier durant 40 minutes le pourquoi de ma venue, cette boule au ventre si familière avant les examens refait surface. C’est parti pour 20 minutes, la tête dans le tuyau ! Une fois terminé, tout s’est enchaîné rapidement. La neuroradiologue me donne les résultats (avec une légère diminution de l’œdème). Pas besoin de faire la queue pour récupérer le CD-Rom. Dès ma sortie de la cabine, le médecin m’attendait. Impeccable ! Et encore mieux, une plateforme commune entre Claude-Bernard et le CHRU nancéien a été mise en place. Grâce à cette collaboration, pas besoin de se déplacer à l’hôpital. Le neurologue a eu les résultats en direct, contrairement aux procédures habituelles où il attendait mon CD. Il ne restait plus qu’à rentrer à mon domicile et attendre le fameux coup de fil du professeur Taillandier.

La solidarité, c’est aussi cela. Public et privé unis pour prendre soin des malades ayant d’autres pathologies que le Covid-19.