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ARTC

Association pour la Recherche sur les Tumeurs Cérébrales

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Un exemple de recherche, le projet POLA

Le réseau POLA a été mis en place pour harmoniser, sur le territoire national, la prise en charge de tumeurs cérébrales rares, les oligodendrogliomes anaplasiques, dont le diagnostic est difficile et pour lesquels il n’existe pas de traitement standard.

[[wysiwyg_imageupload:50:]]Ce réseau est reconnu comme réseau expert national par l’INCa depuis 2009. Il regroupe la quasi-totalité des CHU et Centres de Lutte Contre le Cancer de France.

Grâce à ce dispositif, tout patient, quel que soit son lieu de résidence, va pouvoir bénéficier d’une expertise collégiale de haut-niveau, sans se déplacer. Celle-ci débute par une relecture histologique centralisée, réalisée à Marseille par le Pr D. Figarella-Branger, afin de confirmer le diagnostic et par la réalisation d’une étude moléculaire approfondie, réalisée à Paris dans l’unité UMR 975, afin de déterminer le profil moléculaire de la tumeur.

La décision de traitement sera faite par l’équipe de cancérologie de proximité, selon des recommandations de bonne pratique clinique, orientées par ce profil moléculaire. En parallèle, les prélèvements biologiques (sang, tumeur) sont conservés, après obtention d’un consentement signé des patients et les informations cliniques et radiologiques sont collectées. En effet, le réseau a pour objectif, en parallèle, de développer la recherche, dans tous les domaines (épidémiologie, radiologie, études moléculaires, nouvelles thérapeutiques, toxicité des traitements), sur ces tumeurs afin d’améliorer rapidement nos connaissances sur celles-ci et d’en faire bénéficier directement les patients. Un effort national pour améliorer la prise en charge et développer la recherche sur les tumeurs oligodendrogliales de haut grade :

le projet « POLA »Téléchargez au format PDF une présentation du projet POLA : cliquez ici (format pdf - 173 Ko).

Le projet « POLA » (Prise en charge des tumeurs oligodendrogliales anaplasiques) est soutenu par l’Institut National du Cancer (INCa) dans le cadre de son programme de « structuration nationale de la prise en charge des tumeurs rares », prélude à une possible labellisation de centres de références et de compétence dédiés au traitement de ces maladies. L’ambition de ce projet est d’améliorer la prise en charge des patients quel que soit leur lieu de résidence en permettant  un accès aux études diagnostiques moléculaires les plus modernes, en harmonisant les traitements et en développant la recherche. Ce projet bénéficie également d’un soutien très important de la Ligue Nationale contre le Cancer qui permet la réalisation d’études moléculaires très performantes.

LES TUMEURS OLIGODENDROGLIALES DE HAUT GRADE

Les tumeurs oligodendrogliales de haut grade comportent les oligodendrogliomes anaplasiques et les oligo-astrocytomes ou gliomes mixtes anaplasiques (grade III). On y associe souvent les glioblastomes à composante oligodendrogliales, tumeurs encore mal caractérisées que certains dénomment parfois « oligodendrogliomes de grade IV ».  En France, ces tumeurs constituent près de 20% des gliomes, ce qui représente environ 600-700 nouveaux cas par an. Elles surviennent généralement chez l’adulte dans la force de l’âge, autour de 40-50 ans, et posent de très difficiles problèmes de classification diagnostique, d’évaluation pronostique et de prise en charge thérapeutique.

Il est en effet très difficile de classer ces tumeurs et malgré les efforts de la communauté neuro-pathologique mondiale, les critères morphologiques des tumeurs oligodendrogliales restent imparfaitement reproductibles d’un centre à l’autre et même pour un même médecin lorsqu’il revoit l’examen microscopique des lames à différents moments. Cette difficulté de classification a d’importantes conséquences sur la prise en charge qui peut ainsi varier d’un centre à l’autre en fonction du diagnostic finalement retenu. De plus, même lorsque le diagnostic d’un sous type de tumeur oligodendrogliale de haut grade est validé, il recouvre des entités moléculaires distinctes.

Ainsi, les tumeurs qui ont une co-délétion des chromosomes 1p-19q ont un meilleur pronostic que les tumeurs qui n’ont pas cette co-délétion. Malheureusement, ces techniques d’analyse fine ne sont accessibles pour l’instant qu’à une minorité de patients.

Actuellement une très grande hétérogénéité de prise en charge thérapeutique a été démontrée tant en Amérique du Nord qu’en France Cette hétérogénéité témoigne de l’incertitude des praticiens amenés à prendre en charge  des patients jeunes dont le pronostic varie dans des proportions importantes. Le clinicien est ainsi confronté aux risques d’une thérapie « maximaliste » d’emblée que le patient peut payer par une toxicité accrue ou d’une thérapie « minimaliste » initiale, par exemple chimiothérapie première par temozolomide, qui peut être inappropriée quand  l’évolution tumorale est si explosive qu’elle vient interdire la réalisation d’une radiothérapie de sauvetage.

Cette hétérogénéité de diagnostic et de prise en charge des tumeurs oligodendrogliales de haut grade ont conduit l’ANOCEF (Association des Neuro-Oncologues d’Expression Française) à proposer comme thème national prioritaire l’harmonisation de la prise en charge (diagnostique et thérapeutique) et le développement des recherches sur les tumeurs oligodendrogliales de haut grade.

LE RESEAU POLA

13 villes et 27 hôpitaux en France ont décidé depuis octobre 2008 de conjuguer leurs efforts et, si l’INCa donne son accord à la poursuite du projet, deux centres seront référents pour collecter les différents éléments pour mener à bien cette étude : Marseille-La Timone pour la centralisation des données pathologiques et Paris-la Pitié Salpétrière pour les données cliniques et moléculaires.

Les centres participants doivent être dotés de compétences médicales (Neurochirurgiens, Neuropathologistes spécialisés en pathologie tumorale, Neuro-radiologues, Radiothérapeutes), paramédicales (d’infirmières référentes en Neuro-Oncologie, kinésithérapeute, psychologue, neuro-psychologue, diététicienne, technicienne de recherche clinique, assistante sociale, responsable de  l’organisation des soins de support) et techniques (tumorothèque adossée à une base de données recueillant les annotations cliniques, plateforme de biopathologie moléculaire,  unité de recherche clinique labellisée). Ces moyens doivent permettre des évolutions dans les domaines des techniques diagnostiques (critères morphologiques et moléculaires pour la prise en charge) et dans le domaine thérapeutique.

Les missions des centres de référence et de compétence du réseau  « POLA » : 

1) Améliorer le diagnostic et le traitement des tumeurs oligodendrogliales de haut grade

Lorsque le diagnostic d’une tumeur oligodendrogliale de haut grade est porté dans un des hôpitaux participants, les lames sont envoyées en urgence au centre de référence de Marseille-La Timone pour une relecture systématique qui permet de valider le diagnostic. Un fragment tumoral est également envoyé en urgence au centre de référence Paris-Salpêtrière ou une étude moléculaire approfondie de la tumeur est réalisée (grâce au soutien de la Ligue contre le Cancer).

Ainsi, dans les 3 semaines après l’opération, l’Hôpital ou le patient est pris en charge dispose des conclusions de la relecture microscopique faite à Marseille et de l’étude moléculaire faite à Paris. Ces données permettent de proposer un traitement adapté au type histologique et au profil moléculaire de la tumeur. En effet, les centres participants se sont réunis et se sont mis d’accord pour définir les traitements qui seront proposés aux patients en fonction des sous-types de tumeur.

Le plan de traitement est donc établi de façon collégiale et repose sur les techniques d’analyse les plus modernes, mais il ne nécessite pas de déplacement supplémentaire du malade. Lorsque des essais thérapeutiques sont possibles (essais institutionnels internationaux ou nationaux), ils sont toujours proposés aux patients.
Au décours du traitement, les informations sur le suivi sont régulièrement mises à jour et enregistrées dans une base de données nationale sécurisée (anonymisation des données).

2) Développer la recherche sur les tumeurs oligodendrogliales de haut grade

Parallèlement à l’harmonisation de la prise en charge, la centralisation de ces informations permet de réunir une somme de données qui n’a probablement pas d’équivalent et de développer d’ambitieux projets de recherche ou les principaux laboratoires de recherche du pays (citons par exemple ceux de Paris INSERM U 975, Marseille INSERM U911, Lyon INSERM U 842, laboratoire de biologie des tumeurs de Bordeaux...)  se « partagent la tâche » et collaborent entre eux ainsi qu’avec des centres internationaux. 

Les  5 axes de recherche définis portent sur l’épidémiologie (en lien étroit avec « l’Observatoire des tumeurs primitives du système nerveux central en France » dirigé par l’équipe de Montpellier), la pathologie, la radiologie, les études moléculaire et translationnelles, ainsi que sur la thérapeutique. A titre d’exemple, une étude Française (équipe INSERM U 975) vient de montrer qu’une mutation au codon 132 du gène de l’IDH1 semble être un facteur pronostique majeur indépendant de la co-délétion 1p-19q dans les tumeurs oligodendrogliales de haut grade.

3) Assurer une activité de recours (deuxième avis) pour les patients pris en charge dans des hôpitaux ne participant pas au réseau POLA et pour les cas particulièrement difficiles

Certains cas posent de très difficiles problèmes et doivent pouvoir faire l’objet d’une réflexion spécifique.

Si le projet POLA est définitivement accepté par l’INCa, 2 niveaux de recours sont prévus à partir de l’automne 2009 :

-Ouverture de la réunion de concertation pluridisciplinaire de Neuro-Oncologie de la Salpêtrière aux demandes de deuxième opinion. Si la discussion se fait sur dossier, la réponse est donnée dans les 2 semaines maximums après réception du dossier (ou des lames si une relecture histologique est nécessaire). En cas de consultation, l’engagement de délai de rendez-vous est d’une semaine pour un nouveau patient et de 2 semaines pour une demande de deuxième avis (après relecture des lames si nécessaire). Les réponses sont transmises immédiatement par mail/ fax ou téléphone suivies d’un courrier de confirmation.

-Organisation d’une réunion de concertation pluridisciplinaire nationale qui prendrait la forme d’une téléconférence. Les dossiers/documents sélectionnés pour discussion auront été préalablement rendus accessibles aux intervenants par téléchargement sur le site web de l’Anocef www.anocef.org dans une section dédiée et accessible avec code d’accès.

4) Assurer la formation et l’information des soignants, des patients et du grand public sur les tumeurs oligodendrogliales de haut grade.

Les soignants sont informés régulièrement des avancées de la science lors des réunions bi-annuelles de l’ANOCEF qui regroupe tous les professionnels impliqués dans la prise en charge de ces tumeurs.

-Si le projet est définitivement accepté par l’INCa, les patients et le grand public seront aussi informés de façon bi-annuelle de l’état d’avancement du projet POLA et des progrès réalisés dans le monde sur les tumeurs oligodendrogliales de haut grade. Revue bibliographique, interview d’experts et témoignages de patients seront regroupés dans la « Lettre de POLA ».

27 avr 2011

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