POLA est un réseau de soins dédié au diagnostic et à la prise en charge des tumeurs oligodendrogliales de haut-grade. Il est labellisé par l’Institut National du Cancer (INCa) depuis 2009 dans le cadre de la structuration nationale en  réseaux pour la prise en charge de formes rares de tumeurs.

Organisé autour d’un centre de référence national clinique coordonné par le Pr J-Y Delattre à la Salpêtrière (Paris) et anatomopathologique coordonné par le Pr D. Figarella-Branger à la Timone (Marseille), le réseau POLA fédère 51 structures de soins organisées en 42 centres experts régionaux.

A sa mise en place, le réseau devait répondre à un triple objectif :

  1. Harmoniser le diagnostic histo-moléculaire et la prise en charge des tumeurs oligodendrogliales de haut-grade.
  2. Favoriser la recherche.
  3. Diffuser les connaissances sur ces tumeurs.

Un réseau de référence

Ainsi depuis sa création, plus de 1700 patients ont pu bénéficier à la fois d’une double lecture histologique centralisée, d’une caractérisation tumorale moléculaire et d’un traitement harmonisé au plan national, tenant compte de connaissances scientifiques en permanence actualisées.  Les cas les plus difficiles peuvent être discutés lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire nationale, qui se déroule au rythme d’une réunion par mois. Progressivement, le réseau a étendu son champ d’action aux tumeurs astrocytaires anaplasiques. Désormais, il peut être considéré comme un réseau de référence pour les gliomes anaplasiques dans leur ensemble. Son atout principal est de pouvoir faire bénéficier au patient d’un avis extrêmement spécialisé sur sa maladie, tenant compte de toutes les caractéristiques de celle-ci, sans que le patient lui-même n’ait à s’éloigner de son lieu de vie.

Afin de répondre au 2e objectif de recherche, les données cliniques sont enregistrées prospectivement dans un eCRF dédié. Les prélèvements biologiques sont conservés dans des banques tissulaires localisées à Paris et Marseille.

 

Deux axes de recherche

Deux grands axes principaux de recherche ont été développés. D’une part, mieux comprendre le mécanisme de développement de ces tumeurs et définir de nouveaux marqueurs du pronostic. Ainsi le Pr D. Figarella-Branger a pu montrer qu’au sein des oligodendrogliomes anaplasiques avec codélétion 1p19q, on pouvait distinguer d’une part,  les tumeurs dont le grading reposait sur une augmentation seule du nombre de mitoses et, d’autre part,  des tumeurs dont le grading repose sur la présence d’une prolifération vasculaire et/ou de nécrose. Un bien meilleur pronostic est observé dans le premier groupe. De même, un travail dirigé par Mme A. Kamoun et le Pr F. Ducray, en collaboration avec la Ligue Nationale contre le Cancer a montré, par une approche dite multiomique, qu’au sein même d’une cohorte d’oligodendrogliomes anaplasiques avec codélétion 1p19q, il existe un sous-groupe dont l’évolution est plus rapide, ce qui pourrait à l’avenir conduire à un traitement différent  selon que la tumeur appartient au « bon » ou au « mauvais » groupe . Le deuxième axe principal est la mise en place d’essais thérapeutiques, ce qui est particulièrement difficile pour les maladies rares.

 

La France à la pointe de la recherche

Ainsi, depuis 2015, la France est le seul pays européen permettant aux patients récemment diagnostiqués porteurs d’un oligodendrogliome anaplasique avec codélétion 1p19q de participer à un essai clinique, essai POLCA, dès le diagnostic, comparant l’effet d’un traitement combiné par radiothérapie et chimiothérapie à un traitement par chimiothérapie seule. Cet essai est prévu pour durer 9 ans, afin d’y faire participer un nombre suffisant de patients. Mais après 3 ans,  on observe déjà que l’organisation en un réseau national favorise grandement la participation. D’autres essais cliniques devraient devenir accessibles aux patients dès 2019 (essais AGIR, Revolumab, OLAGLI). Ils sont destinés aux patients en situation de rechute et ont pour but de montrer l’intérêt de traitements utilisés dans d’autres maladies tumorales dans le traitement des gliomes.

Afin de permettre à tous de connaitre et de suivre les avancées du réseau POLA, celui-ci est doté d’un site internet : https://www.reseau-pola.org/. Vous pouvez vous y connecter dès maintenant pour en savoir davantage.

 

Vers un réseau unique

A la suite du réseau POLA, 2 autres grands réseaux de neuro-oncologie ont été structurés par l’INCa : réseau LOC (Lymphomes Oculo-Cérébraux) coordonné par le Pr K. Hoang-Xuan (Hôpital de la Salpêtrière – Paris) et Dr C. Soussain (Hôpital R. Huguenin – Saint Cloud) et réseau TUCERA (Tumeurs CErébrales RAres) coordonné par le Pr H. Loiseau (Hôpital Pellegrin – Bordeaux). En parallèle, les neuropathologistes se sont organisés en un grand réseau national de relecture histologique pour les tumeurs de l’enfant et de l’adulte sous la coordination du Pr D. Figarella-Branger. Tous ces réseaux vont se regrouper en un unique réseau de référence national sur les tumeurs rares du système nerveux, réseau RENOCLIP-LOC afin de mettre en commun leurs organisations et leurs expertises. Enfin, le réseau POLA est membre du réseau de référence européen EURACAN (EUropean RAre CANcer) dont l’un des objectifs est d’étendre le modèle de fonctionnement français à l’Europe.